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[ Présents ] [ Ecrits d'ailleurs ] [ Souvenirs de lumière ] [ Entre Deux Mondes ]
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Miroir de l'âme
29/06/2010 23:35
Quelquepart dans mes souterrains, L'eau s'est infiltrée, bloquant une salle Changeant résonances lugubres en doux scintillements Ce lac souterrain, presque improvisé, est, pour moi, source de paix. Les rares fois où je le retrouve, Dans les méandres changeants de mon labyrinthe, Le rituel est toujours le même : J'y éteins mon flambeau Et me regarde dans la nuit absolue de l'onde. Peu à peu le présent se dissout comme la mémoire, Et je me vois différent. Ma Dryade, Ma Nymphe... Ma Succube, elle m'apparaît toujours mouvante, Mais Unique, me nargue, se moque, comme l'eau entre mes sabots, m'échappe...
Mais je vois au-delà. Le piège est mien. Ici je règne en maître. Ici d'autres succomberont. Et Ma Dryade pourra se moquer, son souvenir, comme le présent , Se sera fondu dans l'onde glaciale. Je me vois alors différent, conquérant, mes yeux se ferment. Et je me retrouve, toujours, sur l'autel en les ouvrant Détrempé des cornes aux sabots.
Et des pas se rapprochent...
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Réjouis-toi, Minotaure
02/04/2010 23:36
Réjouis-toi, Minotaure, Oui, réjouis-toi... Les Dieux n'ont qu'un temps Leur malédiction passera bientôt comme un linceul brûle sur son bûcher Le labyrinthe t'est doux, Minotaure, il te protège, il subvient à tes besoins, Il dissout tes souvenirs tel la fleur de Lotus, loin des Enfers. Reste ici, Minotaure, ne te rebelle pas contre les Dieux Calibos paya très cher son indépendance, jusqu'à sa vie Tu es fort, Minotaure, Demi-dieu maudit, mais Demi-Dieu Né de l'esprit de Poséidon, car même si le corps n'était pas le sien Sa tromperie était nimbée de son aura, de sa puissance. Puissance dont tu héritas, Minotaure. Il sera un temps où tu briseras tes chaînes, où le labyrinthe s'écroulera. D'ici-là, Minotaure, savoures tes victimes, emplit tes poumons de l'air du Labyrinthe. Et attend, dans ton antre, tout au fond. Ton tour viendra Minotaure, reste droit. Ariane sera trompée, ta dryade abattue comme les forêts où tu chassais, Les lacs et leurs nymphes seront asséchées, Minos, lui-même, sera brisé par son orgueil. La terre mourra de l'oubli des Dieux, Et tu te lèveras.
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Sortir ?
29/03/2010 18:09
Mon labyrinthe est bizarrement fréquenté. Tous les ans, me sont envoyés en paiement, un ensemble de proies, vierges, homme et Femme. Mais également, on y croise des héros en mal de quète, des hommes et des femmes avides de vengeance des désespérés, des prisonniers politiques, des pseudo-libérateurs, des ermites... Tous y finissent sans aucune exception. Morts de faim, de soif, de peur, par leurs mains, par les miennes, par mes cornes, par leurs pairs, par lassitude, parfois par hasard. Et leur variété comble mes envies, leur régularité m'apaise, Leurs effrois m'enivrent, leur insignifiance effacent mes peurs d'en haut. Mais, Elle, est-Elle entrée, par ses racines qui pénètrent, ici et ailleurs, mon labyrinthe ? A-t'elle parcouru mes couloirs ? Sentit les odeurs méphitiques et cependant est-Elle restée ? Est-Elle venue ? Viendra-t'Elle ? Me donnera-t'Elle encore un peu d'Elle ? Volera-t'Elle comme une feuille folle autour de moi, m'enivra-t'Elle de son parfum, de son poison ? Parcourerais-je ces mêmes couloirs, pour en sortir, pour La rejoindre ? Quelques instants volés par ci, par là mais, Elle, magnifique de liberté, délicieuse de légèreté. Son nom est gravé en moi. Mais reviendrais-je au monde pour ces infimes instants de pur bonheur. Si l'ambroisie a un goût, c'est le sien. Qu'elle me tende la main, je reviendrais.
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Renaissance
27/03/2010 10:39
Je suis né demi-dieu. D'aucuns ont reçu plus que moi, à jamais défiguré Entre deux mondes, moitié-homme, moitié dieu Moitié-homme, Moitié-Bête Toujours à moitié homme. De là, deux chemins : l'on peut rester sur le fil, devenir comme mon cousin Calibos, Jouer sur les deux plans : rester homme mais devenir monstre à loisir, à plaisir. Ou essayer quelque chose de fou, de profondément humain. Changer. Il n'est pas donné aux Dieux de changer : Zeus est puissant, amoureux mais irritable et coureur Et, au grand regret d'Héra, il ne changera jamais. Mais vous, votre plus grand pouvoir est celui du changement, de la rédemption, de la catharsis. Et, mi-homme, je prends ce chemin. Quand je fus enfermé ici, rage et désespoir me rongeaient. Je voulais revenir, La revoir, chasser... Vivre sur le fil. L'obscurité m'envahit, ces constants meurtres ne font qu'aviver mon côté Bête. Mais acculée de plus en plus, mon humanité attend son tour. Comment me dépouiller ma fatalité divine ? Je sais qu'un jour, il viendra, passera mes pièges, ignorera sa peur Et me terrassera dans un combat épique et de fureur. Peut-être même viendra-t'il, aidé par ma soeur, Qui, enfin, aura compris nos interminables discussions sur la fin de la divinité, des Dieux De la liberté enfin acquise, par le sacrifice, la Mort, seule porte entre nos deux mondes. Alors la marée de mon être changera, refluera, la Bête noyée, le Dieu brisé. Et Renaître. Parmi vous. Humain.
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Courant d'air...
26/03/2010 11:34
Je le sens... Quelqu'un est entré de nouveau... Rien qu'une sensation furtive, un courant d'air, une légère brise... Mais ce que mon mufle flaire, ne peut être nié Quelqu'un s'approche... quelqu'un cherche... Une porte est ouverte Peut-être est-ce Vous ? Prenez garde, le labyrinthe est long, il est dangereux Je suis à son centre, je vous attend. Et face à Moi, demi-dieu maudit, que ferez-vous ? Changerez-vous la destinée que les Moires vous ont dessinée Ou ébranlerez-vous la mienne ? L'Oeil est ouvert, Iris immense malgré l'obscurité...
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