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La Source
24/03/2010 10:07
Alors que je gravissais une pente, traquant une kri-kris plus pour le sport que par envie Intrigué par une lumière fugace, je me suis arrêté. Un vieux temple de Théthys se tenait là, sous les arbres. M'approchant, je découvrais, face à lui, un petit chemin, à peine éclairé. Par curiosité, je m'y engageais... S'étendait alors sous mes yeux, un lac caché et pourtant rayonnant de lumière Notre vent, si entêtant, n'y entrait pas, un calme olympien y régnait. La douceur de ces eaux, la quiétude de ce lieu, tout invitait au repos. L'eau elle-même semblait me courtiser, me chercher, comme une amie avec qui l'on devise. Il faisait chaud, je déposais ma hache et pénétrait lentement cette source parfaite Elle m'entourait alors de sa tendresse, elle jouait avec moi. Je reculais, prétextant de me rafraîchir tout d'abord les épaules, le visage Je la sentais sur mon torse, sur mon cou, sur mes lèvres, parfumée, envoûtante. Comme des vagues, elle revenait et se retirait, sans me forcer, clapotant sur mes cuisses. C'est alors que je plongeais en Elle, m'abandonnant sans retenue à l'envie Véritable abîme, tourbillon de sensations, Elle m'aimait. Ses courants m'emportaient, ses bulles m'enivraient, L'eau, telle un millier de mains, me caressait, m'embrassait, m'encerclait Alors que je la traversais au rythme de son flux et reflux Sans pouvoir la tenir, sans pouvoir la quitter, profitant de tout, ne possédant rien Pendant un temps qui me paraissait infini, j'étais un avec Elle. Plus rien n'existait. Je me rappelle être de retour au palais, qu'Ariane me questionnait sur ma joie inhabituelle... Mais comme mon sonvenir de tout cela, je suis resté flou. Comment suis-je rentré ? Combien de temps cette baignade a-t'elle durée ? Je n'ai jamais retrouvé ce temple, jamais plus n'y ai-je aimé Lakna, Naïade insaisissable.
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